Cette thèse étudie l’appropriation du rythme du français parlé en FLE à travers une démarche poétique et proprioceptive articulant prosodie, gestuelle et morphosyntaxe. Inscrite dans une approche multimodale attentive au continu corps-langage et à la contrainte de l’accent final du français, elle s’appuie sur deux études complémentaires menées auprès d’apprenants italophones. L’objectif est de repenser la didactique du rythme à partir d’observations empiriques sur des pratiques de remédiations corporelles encore peu explorées. Le cadre proposé, volontairement exploratoire, met en relation des repères théoriques et des pistes pédagogiques transférables, conçues comme des appuis méthodologiques plutôt que comme un modèle établi. La première étude, conduite à l’Université de La Sapienza (en présentiel et à distance), met en évidence une hausse des syllabes accentuées produites sans disfluences, une segmentation plus stable et un déplacement des apex gestuels à la fin du groupe rythmique, signes d’une meilleure synchronisation geste-prosodie. La seconde étude, réalisée à l’Université de Roma Tre, compare quatre groupes (témoin, prosodique, gestuelle et proprioceptif). Dans les limites de l’échantillon, les résultats suggèrent une appropriation plus marquée dans la condition proprioceptive : augmentation des syllabes accentuées sans disfluences, segmentation plus stable, meilleure synchronisation entre apex gestuels et accents finaux. Ces effets se maintiennent en lecture et paraissent moins affectés par la contrainte visuelle (yeux masqués), indiquant un contrôle interne accru de la coordination multimodale. Pris ensemble, les résultats confirment l’apport possible des activités corporelles à la coordination du rythme en FLE, tout en invitant à la prudence : les effets varient selon les contextes et demandent à être confirmés par de nouvelles études. Mots clés : didactique des langues, FLE, français parlé, appropriation, rythme, corps, prononciation, coordination multimodale, poétique, proprioception.
